Michel Robin Artiste Peintre
Biographie
Michel Robin est né en décembre 1940 à Nantes dans une famille bretonne, mais il vécut la plus grande partie de sa vie à Paris. Il est décédé en 2013 en Provence dans le Vaucluse, où il avait installé son atelier, depuis presque un quart de siècle. Dès son plus jeune âge, il pratique avec passion et assiduité le dessin et la peinture. Puis, il fréquente à Paris les cours de dessin, de 1954 à 1958 ceux de Monsieur Plane, où était enseigné le dessin d’après le plâtre et le nu, et de 1958 à 1960 à l’Académie Frochot, le cours du soir du sculpteur Debus. En 1962 il devient l’élève du peintre zurichois Adolphe Herbst, qui quelques années plus tard lui céda son atelier situé dans le quatorzième arrondissement de Paris. En 1965, à vingt-quatre ans, il renonce à un travail salarié et part en Bretagne pour peindre. À compter de ce saut dans l’inconnu, il ne cessera plus de faire de la peinture son activité exclusive. La figuration lui parait comme seule voie pour représenter le monde. Comme il dit lui-même : « Je veux travailler cette relation, travailler à retrouver ces moments où une vision fait accéder à la profondeur du monde[1]».
Michel Robin a peint ce qui l’entourait, les objets dans l’atelier, la rue, les paysages, les marchés, les joueurs de boules, les cafés, les êtres au travail, aux loisirs, le monde où nous vivons. L’œuvre de Michel Robin, toiles aussi bien qu’aquarelles, se construit à partir du dessin, outil qui permet de trouver l’espace de la vision et de travailler de façon sensible les détails. Sa peinture se construit aussi avec et par la couleur. Passer du dessin, si transparent, à la peinture peut tout détruire ou tout révéler. Prendre le risque de l’échec pour tenter de retrouver l’émotion première. Dans un même tableau des touches de couleur, généralement assez vives, permettent au regard de se promener dans tout l’espace du tableau, qui s’en trouve ainsi structuré. Un autre élément absolument essentiel de l’œuvre de Michel Robin est la lumière. Lumière propre à chaque période de sa peinture. Son arrivée en Provence en 1990, le verra s’investir sur des motifs protégés de la lumière extérieure, par exemple les réalisations de grandes dimensions dans le lieu singulier qui fut le café « L’ Eden » à Pertuis. Il lui faudra ce temps pour se pénétrer de la lumière si particulière et problématique de Provence. Aujourd’hui, cette lumière éclaire toute son œuvre, elle lui a permis de donner à sa vision des paysages une profondeur nouvelle[2].
Les peintures de Michel Robin sont diffusées en Europe, en Afrique et aux Etats-Unis, suite à des nombreuses expositions personnelles, citons ses premières expositions à Paris, à la galerie Echelle 30. Son œuvre trouva aussi une diffusion unique auprès des collections en France grâce à sa participation à Paris à l’aventure du groupe artistique dit « la Rue de Bourgogne ». De 1970 à 1981, onze artistes, présentaient leurs œuvres dans un petit appartement situé pas loin du musée Rodin. Jusqu’à quarante ans séparaient les ainés : les peintres Jean Hélion, Otto Schauer, Gaston-Louis Roux, Charles Marks, le sculpteur William Chattaway, de leurs cadets : les peintres Remzi, Jean-Claude Ruhl, Michel Couchat, Marie-Hélène Castier, Yannick Rigourd et Michel Robin. Ils étaient tous réunis autour de Pierre Bruguière, collectionneur et amateur passionné d’art, ami de Giacometti, Fernand Léger, Harp, Kandinsky, Jean Hélion, qui depuis 1945 organisa plusieurs expositions de peintures et donna de nombreux articles dans les Cahiers d’art. L’accrochage rigoureux et sensible de P. Bruguière, mettait à l’honneur les réalisations du peintre exposant, dans une atmosphère chaleureuse et amicale. Quelques expositions rendirent hommage à ce groupe, celle que le musée Carnavalet lui consacra en 1992 intitulée : « La Rue de Bourgogne. Dix peintres et un sculpteur », a été la plus importante[3]. Michel Robin exposa seul, mais également avec ces peintres « engagés, chacun différemment mais avec la même ténacité, dans l’aventure toujours recommencée qu’est la peinture véritable, exigeants, que la nécessité intérieure guida seule dans l’obscurité et le tumulte vers ce peu de lumière et de silence qu’est le tableau »[4]. Il organisa aussi avec Jacques Bollo, Max Brudieu, Marie-Hélène Castier et Remzi en 1982 et en 1983 les Contre-Salon de Montrouge.
Expositions personnelles :
1967-68 Paris, Galerie Echelle 30
1970 Paris, Galerie Echelle 30
1972 Sceaux, Maison de Culture
1974 Aarau (Suisse), Galerie Zisterne
1975 – 81 Paris, présentation du travail de l’année
Association «Les Amis de la rue de Bourgogne»
Expositions organisées par Pierre Bruguière
1980 Paris, Salle de Conférences du «Nouveau Journal»
1980 Genève, Galerie Arcade Chaussecoq
1982 Les Ulis (Essonne), Centre Culturel Jacques Prévert
1986 Paris, Maison de la Culture de la Porte de Vanves, XIVème arrondissement
Carton d’invitation
1986 Aarau (Suisse), Galerie 6
1987 Paris, Galerie G. P. Nadalini
1988 Paris, Galerie G. P. Nadalini
1992 Vichy, Villa Castelbianca
1993 Pertuis (Vaucluse), Théâtre Régional du Pays d’Aix-Pertuis
1995 Malakoff, Chez Jean-Luc et Claude Rivoire
1996 Suresnes, chez Eric et Claire Rullier
1997 Cucuron (Vaucluse), Donjon de Saint-Michel
1997 Paris, XIVème arrondissement, Centre d’Animation Marc Sangnier
1998 Cucuron (Vaucluse), Musée Marc Deydier
1999 Paris, Orangerie du Sénat
2000 Mérindol, dans son atelier
2001 Joinville, Musée du Château du Grand Jardin
2001 Cologne, Chez Karl-Heinz Schültke.
2002 Solingen (Allemagne), Galerie Monika Presse
2003 Pontaumur, Festival Bach en Combrailles
2005 Mérindol, Maison des Associations
2005 Paris, chez Henri et Aliette D’Hombres
2007 Leipzig, au Gewandhaus, invité du Festival A Capella
2008 Leipzig, Mitelldeutsche Rundfunk, Radio Culturel de la Saxe
2010 Aigues-Mortes, Chapelle des Capucins
2011 Aubenas, Château d’Aubenas, Salle du Pesage
2012 Avignon, Théâtre Notre Dame
2015 Arles, Musée Départemental Arles Antique : Le regard d’un artiste sur Arles-Rhône3 : Michel Robin.
2024 Pertuis, Espace de Croze : Michel Robin. Les années Pertuis.
Musées :
1992 Paris, Musée Carnavalet, «La rue de Bourgogne.
Dix peintres et un sculpteur»
1994 Zwickau (Allemagne), Galerie am Domhof
Robert-Schumann-Haus
« Zeitgenössische figurative Kunst. Pariser Künstler »
1995-96 Paris, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris,
«Passions Privées.
Collections particulières d’art moderne et contemporain en France»
1998 Cucuron (Vaucluse), Musée Marc Deydier
2001 Joinville, Musée du Château du Grand Jardin
2006 Châteauneuf-le-Rouge, Musée ARTEUM, exposition « Cézanne, livre-toi »
Expositions de groupes :
1968 Paris, Galerie Echelle 30
1974 Zurich, Kunstsalon Wolfsberg
1977 Clermont-Ferrand, Centre Culturel Loisirs et Rencontres
1978 Paris, Mairie annexe du IVème arrondissement
1979 Zurich, Kunstsalon Wolfsberg
1982 Montrouge, 1er Contre Salon de Montrouge
1983 Paris, Galerie Peinture Fraîche
1983 Montrouge, 2ème Contre Salon de Montrouge
1984 Marne la Vallée, Exposition Régionale d’Arts
Plastiques de Marne la Vallée : «Le Sport»
1987 Sérignac, Le Mas de Sérignac, «Peinture et Sculpture»
1990 Cournonterral, Office Culturel, «Le réel et sa représentation»
1995 Cahors, La Chantrerie, «Peindre Sculpter aujourd’hui»
1996 Château de la Tour d’Aigues.
1999 Paris, Espace Lhomond.
2001 Vichy, Centre Culturel Valery Larbaud, Galerie Pierre Coulon, « 50/50 Artistes des années 50 à nos jours »
2003 Paris, Galerie du Griffon, Crédit Municipal de Paris, « Peinture Présente »
2006 Paris, Galerie du Griffon, Crédit Municipal de Paris, « Peinture Présente », «50 ans de dessin»
2006 Châteauneuf-le-Rouge, Musée ARTEUM, exposition « Cézanne, livre-toi »
Audiovisuel :
1988 Présentation des oeuvres pendant une semaine à FR3 à l’émission Midi-Pic d’Annette Pavy
Commandes de l’état :
1984 Décoration au titre du 1% de l’école du Bosquet, Les Ulis (Essonne)
1991 Participation à la consultation d’artistes pour la décoration des murs pignons, organisée par la Direction de l’Aménagement Urbain, Mairie de Paris.
2011-2013 Commande de réalisation d’aquarelles autour de l’opération Arles-Rhône3 par le Musée Départemental Arles Antique.
Bibliographie sommaire :
P. BRUGUIERE, – préface au catalogue de l’exposition Michel Robin à Sceaux, 1972.
– préface au catalogue de l’exposition Michel Robin aux Ulis, 1982.
– préface au catalogue de l’exposition au Musée Carnavalet, Paris, 1992.
– préface au catalogue de l’exposition « Zeitgenössische figurative Kunst. Pariser Künstler »Zwickau, Galerie am Domhof, Robert-Schumann-Haus, 1994;
E. GUIGNARD, – Aussagekräftige Bilder trotz Verhaltenheit, Michel Robin, Paris, zeigt Landschaften und Interieurs, dans Tagblatt, 20 septembre 1974, p. 43.
G. HALDAS, – Préface au catalogue de l’exposition Michel Robin, Galerie 6, à Aarau, 1986.
– «Une transfiguration fraternelle», dans Choisir n° 318, Juin 1986, p. 28-29.
B. HOLTZMANN, «Un enchanteur de rue : Michel Robin», dans Le Nouveau Journal, 29 Mars 1980
G. VENOT, Préface au catalogue de l’exposition Michel Robin, à la Galerie Echelle 30, Paris, 1970.
Ouvrages
Catalogue de l’exposition Passions Privées. Collections particulières d’art moderne et contemporain en France, décembre 1995 – mars 1996, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, Paris, p. 238, photo 18.
Catalogue d’exposition : Un peintre : Michel Robin, Arles, 2009, Espace Van Gogh, 64p.
Michel Robin, La voie de la représentation, Bordeaux, 2024, 78 pages.
NOTES
[1] Interview inédite de Michel Robin effectuée en 2004, par Jean-Luc Rivoire. Ouvrage paru en octobre 2024 : Michel Robin, La voie de la représentation.
[2] Extraits du texte de J.-L. Rivoire dans le catalogue d’exposition Un peintre : Michel Robin, Espace Van Gogh, Arles, 2009, p. 11-14.
[3] Exposition du 7 avril au 28 juin 1992, catalogue préfacé par Germain Viatte. Voir aussi le catalogue de l’exposition Passions Privées. Collections particulières d’art moderne et contemporain en France, décembre 1995 – mars 1996, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, Paris, (pour M. Robin p. 238, photo 18).
[4] Extrait du catalogue d’exposition La poétique du réel. Les artistes de la Galerie, Galerie GP Nadalini, Paris, 1988.

